Road Trip 2012

L’art du road trip en 2012. (21h16-22h12/ de bg)
Il n’y aura jamais un avant et un après dans l’art de voyager et la nostalgie n’existe que par des envies inassouvies. Il est faux de croire que les road-trip d’une époque passée avaient une richesse, un parfum à jamais perdu. Ce serait comme n’aimer que le mobilier « vintage » et à trop vouloir se gargariser de récits antérieurs on oublie trop vite que le présent n’est que le préambule de demain. Ainsi vont les choses et chacun à son tour découvrira sous un regard actuel ce qui fera rêver les lecteurs de demain.
Inévitablement les gens chercheront à reproduire faute de les retrouver les sensations exprimées par un narrateur. Cela se constate aisément ici ou là par le « chemin de Compostelle », le « chemin de Stevenson » et la foultitude des activités passées au profit de la nostalgie. Celui qui moqueur disait que la nostalgie n’est plus ce qu’elle était savait ce qu’il disait. Parfois pour enchérir à l’occasion je disais « avant ce n’était pas si bien qu’autrefois, qu’auparavant n’était pas si bien que jadis ». La boucle étant bouclée les passéistes se taisaient.
Les routards se font déposer à un endroit de leur périple, comme les alpinistes en un point de la montagne. Sans négliger la valeur de l’effort accompli il faut admettre l’effort séquentiel et, pour le coup, chacun choisi comment porter sa croix.

Le coté pratique découle de la contrainte temps imposé par l’activité professionnelle. On planifie son escapade en fonction de ses goûts, son temps disponible et son budget. La « partition » est en quelque sorte écrite, il n’y a plus qu’à la jouer selon les paramètres énumérés.
Le bonheur d’une aventure ressemblera à une escapade tarifée et planifiée. Ce qui importe est de se réaliser suffisamment pour s’évader en décompressant.
Ceci étant les vrais routards ne sont pas légion et ils sont bien contraints de se poser de temps à autre n’étant pas des mercenaires d’une course-poursuite à noter dans les annales de l’histoire des road-trip. Les vrais road-trip ne peuvent être que parcellaires.
Si l’on cherche de vrais road-trip avant la lettre on peut considérer les Grandes Migrations des premiers siècles, appelés à tort grandes invasions comme de vrais road-trip. Encore ne faut-il pas oublier qu’ils se déroulaient sur de très longues périodes…
L’art du road-trip en 2012 dépend de plusieurs éléments ou valeur attachée à chacun de ses éléments ; le « spot » à la mode ou qui le deviendrait, la gestion du risque, la satisfaction retirée par son exécutant, car n’existe pas de satisfaction sans pourvoir faire référence à son action.
Les rares narrateurs qui sauront exprimer par écrit ou vidéo leur aventure vécue sont là pour apporter de l’eau au moulin des « aventuriers ».

2 pensées sur “Road Trip 2012

  • Ping : Etats-Unis : à la découverte d’un pays aux mille facettes - Le portail du voyage

  • 27 octobre 2012 à 20 h 36 min
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    Je ne sais pas pourquoi, mais je reconnais bien les choses exprimées de cette façon. Il y a des évidences difficilement contestables dans ce survol lapidaire.
    Dès la première ligne, que dis-je, les premiers mots, existent des indications égarées, preuve que l’horloge du temps est insatiable.
    Nous ne sommes que des métronomes parcourant inlassablement nos vies. Celui qui poursuit le soleil dans sa course éternelle, demain matin lui tournera le dos. L’avenir est-il devant soi, ou bien derrière?

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