A bord

Lyon, mangrove du palais, soixante-dix-neuf jours standard après …
La fatigue prenait place. A bord, le jour se levait. Rothko allongé sous le siège ne bougeait pas. Tout n’était que calme, luxe et grognement en première classe. L’envie d’une clope ne me quittait plus. Assis, j’aurais aimé pouvoir supprimer en un seul geste les autres passagers autour de moi. Me retrouver juste moi, le soleil et cette sublime créature endormie. Ces jambes nues, sa robe noire légère, nacrée d’une élégante tâche de yaourt probablement, réveillaient une à une mes envies.

Train de nuit
@portail-voyage.fr

Le train file, je m’essouffle encore à lui faire l’amour! J’ouvre les yeux, elle me regarde, elle me sourit. Mes paupières se ferment, elle me regarde et me sourit encore. Elle m’attire contre elle et je jouis instantanément. Je reste là. Je suis bien en elle. J’imagine sur mon visage ce sourire entier…satisfaction.

Envie de chocolat, je m’étire et le monde s’écroule. Me voilà seul. Merci d’avoir prit place à bord du galaxy express 999. Notre compagnie vous souhaite la bienvenue.

Cet univers-parallèle ne m’est pas inconnu. Le paysage défile.
Je suis cliniquement mort. 11h11
« Veuillez Madame, agréer mes sincères condoléances pour la disparition de votre fils. Si nous pouvons vous aider en quoi que ce soit, sachez Madame alors que nous sommes à votre disposition ».

Ma mère n’avait rien compris. Mon père était devenu aphone. Il n’ a depuis plus jamais rien dit.

Il me restait 20 minutes à peine avant d’arriver à Béziers. J’émergeais d’un profond coma quand accroupie face à moi, j’entendis la voix la plus troublante qui soit. Je savais que le personnel d’accompagnement à bord était ravi de m’accueillir, j’en étais à présent convaincu. Une main effleura l’intérieur de ma cuisse quand la voix reprit pour me demander si elle pouvait m’être utile.

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